Se sent un peu défoncée. Tout allait, enfin tout va, seulement il n'a pas fallut une abondance de temps pour revenir au champs de bataille. Si je me retourne, c'est ce que je vois ; un champs de bataille empli de cadavres plus beaux les uns que les autres, formant une étendue de grâce, une herbe rougie, une odeur nauséabonde arrivant des profondeurs, qui se répand doucement, des armes au sol, peut-être des chevaux, et devant moi des Hommes, encore un mur. Comme si j'avais fait le plus rasoir et que j'achevais cette route avec eux, les pires, les durs, les Hommes, les généraux, les instructeurs et tout ceux qui sont à la tête de cette guerre. Ils me semblent être en carton, néanmoins ils sont bien vigoureux. Je suis un peu surélevée par rapport au champs, j'ai peur de tomber à la renverse et pourtant je sais que ce n'est pas possible. Toutefois, je ne peux voir ce qui me retient. Je sais que je gagnerai, j'ai gagné contre ces milliers d'hommes à terre, ruisselants de sang et de haine, pourquoi ne triompherai-je pas sur cette quinzaine de monstres ? Ils se tiennent les bras à la taille, ils n'ont pas l'air d'être effondré de leur défait précédente, ils sont simplement enragés, je peux le lire dans leurs yeux. Mais, même seule (surtout seule), j'avancerai. J'ai plus envie de vivre que n'importe lequel d'entre eux, je connais la valeur de la vie et toutes ces fillettes qui prétendent la connaitre aussi, je les couche, je les étale avec ma rage de vivre, croyez moi. Je n'ai plus que ça, mais c'est beau. Pourquoi personne ne comprend ? Je n'ai que ça, je n'ai que ce but là qui tienne la route, je n'ai pas envie de vivre pour quelqu'un d'autre par amour, je n'ai pas envie de vivre pour un objet ou un évènement par impatience, je n'ai plus envie de posséder quoi que ce soit à part mon propre corps, je veux juste vivre et profiter, les voir sourire, même sous la pluie, partager avec ceux qui en ont besoin. Et vous, qui pensez tant à vous donner la mort, ne venez pas me dire que vous connaissez la vie. La vie ce n'est pas penser à la mort. Restez donc là, comme ces Hommes que je m'apprête à détruire, ces généraux, ces politiciens, ils sont statiques et moi j'avance. Je n'arrête pas d'avancer. Je ne peux que les dépasser. Je n'ai aucun doute.
Photo : on s'en rappel tous très bien (ou pas).